Le Grand Pouvoir Du Chninkel

Publié le par Juanita

    

Scénariste: Van Hamme           Dessinateur: Rosinski

Editions: Casterman (collection les romans à suivre)

Aventure médiéval fantastique, un anti-héro de base, élu malgré lui... Dans le monde de Daar, s’affrontent quotidiennement trois immortels: Zeugma, Barr-Find et Jargoth. Les victimes de ces guerres sont entre autres les Chninkels et les Tawals. (source bdtheque.com)

Etant esclaves, ils constituent l’essentiel des fantassins de toutes les armées, et sont donc régulièrement massacrés. Une nuit après une de ces sempiternelles batailles le seul survivant, un Chninkel du nom de J’ON, reçoit la visite d’un monolithe noir se présentant comme le maître créateur des mondes. J’ON a cinq jours pour mettre fin aux querelles des trois groupes. S’il échoue le monolithe, détruira ce monde. Un problème se pose alors au Chninkel : Comment pourra-t-il convaincre les trois immortels de faire la paix alors que lui-même n’est qu’un pauvre Chninkel et esclave de surcroît ?

Et une éloge de plus! hop... J'ai aimé, beaucoup aimé ce conte.

Je dirais que le grand pouvoir de chninkel est une histoire hautement spirituelle, que tous les personnages, au-delà d'être touchants, sont l'essence même de ce qui vit au fond de nous. Ceci est l'impression que j'ai eu en achevant le récit et en le relisant moultzs fois. La parcelle de l'univers pleine d'une leçon divine est terrifiante d'immensité et de pouvoir absolu.


Il est clair que l'analogie entre l'aventure de ce petit esclave qui devient un symbole mystique et l'histoire d'un élu pas si éloigné de nous est évidente. Quoiqu'il en soit, il existe dans le déroulement et dans la conclusion une fatalité surprenante, et même déroutante.

Les auteurs ont su tracer une originalité dans un thème finalement récurrent dans la bd : des dieux ou entités suprêmes manipulants des êtres inférieurs, des leçons de vies pour des évolutions forcées et libératrices pour nos peurs et nos doutes.


La boucle est bouclée, l'univers est comme comme un cercle infini où tout ce qui a une fin créé un commencement...et ainsi de suite. Voilà donc un bon point, à mon sens, pour le scénario, passons maintenant au dessin.
J'ai lu la version N & B(non, non pas r'n&b!) et j'ai feuilleté la version couleurs... Je préfère de loin la première, je trouve que la simplicité dégagée par ces 2 tons donne l'ambiance du récit. Le lecteur peut se focaliser entiérement sur les personnages et le trait seul, sur leurs visages qui expriment vivement leurs sentiments, surtout les grands yeux noirs des chninkels. Et je n'imagine pas Volga autrement que en noir et blanc. J'ai pu plonger dans le trait directement et laisser mon imagination naviguer. (Pfiou j'sais pas si je vais revenir de là bas moi!)


En bref, j'ai aussi beaucoup apprécié le graphisme parfois très net et parfois plus sombre. Le découpage en courts chapitres facilite la lecture également, car la vie fait que parfois nous avons des tâches à accomplir, donc pas le temps de lire d'une traite (eh oui, les droits zet devoirs...). Par conséquent, on peut interrompre l'aventure sans autre souci que d'y retourner vite.
Cette BD est excellente à tous niveaux, tel est mon avis; je ne suis pas spécialement fan de "Thorgal", mais je trouve que les auteurs ont su différencier leur style pour une oeuvre dans laquelle ils ont mis peu de leur esprit et beaucoup de leur âme.
Alors, merci pour ce moment de lecture bien sympathique que je ne saurais que trop vous conseiller.



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